Jean-Marc Vandel
Au Conseil d'État, le 9 février 2020

Devenez pirate

Il y a Julian Assange, Rui Pinto, Marty Baron, Nicole-Marie Meyer, Erin Brockovich, Bennet Omalu, Edward Snowden, Michael Woodford, Antoine Deltour, Rob Bilott, Chelsea Manning et tant d’autres noms encore.
Ils sont recherchés, poursuivis, harcelés et condamnés sans jugement.
Leur crime : se battre pour l’intérêt général en dénonçant des faits qu’on voudrait nous cacher. Ils osent se battre contre des États, des organismes puissants et influents, des multinationales, pour que chaque citoyen puisse avoir le droit de s’informer et de savoir.
Nous souhaitons une protection totale pour ces héros de la liberté de parole et demandons que notre pays, défenseur de neutralités et de liberté,s leur accorde le droit d’asile, le droit de vivre protégés.

Le cas “Julian Assange” fait beaucoup parler de lui dans les médias, nombreux sont ceux qui se lèvent aujourd’hui pour le défendre et demander à la Suisse de lui accorder le droit d’asile.
Certes, la décision des États-Unis d’Amérique de ressortir une loi de guerre, pernicieuse et obsolète, destinée à museler les journalistes, crée un dangereux précédent à l’égard des défenseurs de la liberté de parole et pour tous ces journalistes qui font leur métier, celui de transmettre au public les informations de manière neutre et transparente.
Malheureusement, Julian Assange est loin d’être le seul à être persécuté. Nombreux sont ces lanceurs d’alerte qu’on essaie de faire taire car leurs propos dérangent et bouleversent la dissonance cognitive ambiante. Entre les valeurs humanistes d’une démocratie suisse au service des citoyens et la servitude complice d’une arrangeante collaboration avec des États voyous, nous choisissons d’abandonner aux oubliettes nos principes fondateurs.

“Quelle que soit la personnalité des lanceurs d’alerte et l’estime qu’on peut avoir d’eux, ils ont le droit à la liberté d’expression et rien ne peux permettre à un tiers de museler une parole pour ne pas à avoir à faire face aux conséquences de ses actes” note Fabian Rousseau, porte-parole du PPVD

En chaque lanceur d’alerte nous devons nous reconnaître nous-mêmes; et comment nous ferions notre devoir citoyen face à un accident, un crime ou un acte important. Serions-nous aussi capable de faire face, serions-nous aussi transformés en monstres ou serions-nous libres d’agir et de dénoncer ce qui doit l’être?

“On oublie que la liberté d’expression n’est pas le fait de laisser tout le monde dire n’importe quoi. Elle consiste plus à protéger et reconnaître le devoir que nous avons chacun d’être et de pouvoir s’informer.” rappelle Emmanuelle Germond, secrétaire générale du PPVD.

En faisant d’Assange un martyr, nous nous éloignons de la réalité : nous sommes en train d’accepter la création d’un système qui permet à des États aux dents longues de prendre n’importe qui et de le museler, de l’emprisonner, de le torturer et de le rejeter à sa convenance. Nous nions ainsi nos propres droits fondamentaux, car en laissant ces personnes se faire condamner, ce sont nos poignets que nous laissons menotter et ce sont les libertés de chacun qui sont bafouées…. Ce proverbe n’a jamais été aussi vrai: “Ne craignez pas le bruit des bottes, mais le silence des pantoufles”.

Le PPVD s’engage, comme toujours, pour la liberté d’expression, d’information et d’opinions: nous appelons donc la Confédération suisse par le biais du Conseil fédéral, dans sa tradition diplomatique la plus ancienne, à accorder le droit d’asile humanitaire à tous ceux qui sont muselés et bafoués, quelles que soient leurs origines et leur taux de popularité.